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"Bien se battre et bien parler, deux choses que le Gaulois met au-dessus de tout"
Le ministre de la Défense Hervé Morin a tenté jeudi
d’apaiser les inquiétudes des militaires devant les restructurations et les réductions d’effectifs annoncées dans les armées, parlant d’informations “totalement farfelues”.
Interrogé jeudi sur la fourchette de 20.000 à 70.000 suppressions d’emplois civils et militaires, M. Morin a assuré que ces informations de la presse étaient “infondées”.
La Fédération nationale des travailleurs de l’Etat CGT a évoqué quant à elle mercredi de “20.000 à 75.000 suppressions de postes” d’ici à 2013 dans un communiqué intitulé sans nuances: “ne nous laissons pas exterminer”.
“Il n’y aura pas 50.000 militaires de moins à la fin. Il y en aura un certain nombre (en moins) mais en fonction de la réforme et non pas comme objectif initial”, a fait valoir le ministre sur France 2.
La défense est engagée dans une profonde restructuration avec la refonte de sa stratégie globale, qui sera fixée par un nouveau Livre blanc, attendu en mars, et la Loi de programmation militaire (LPM) 2009-2013 qui en découlera.
Les annonces chiffrées sur les réductions d’effectifs et d’implantations attendront donc le printemps, après les élections municipales.
Dans ses voeux aux armées, le président Nicolas Sarkozy a rappelé il y a une semaine que le ministère de la Défense comme “tous les ministères” connaîtra “une réduction des effectifs”.
Les inquiétudes sont particulièrement vives dans l’armée de terre, la plus nombreuse et donc la plus exposée. “Les militaires sont conditionnés pour agir; ce qu’il y a de pire, c’est quand ils sont dans une période d’incertitude”, observe un officier sous couvert de l’anonymat.
“L’armée de terre n’est pas hostile à des réformes si elles restent mesurées et ne touchent pas aux unité opérationnelles”, souligne-t-il, mais elle entend conserver “une autonomie de choix”, une fois les grandes lignes fixées.
Pour cet officier, il y aurait “deux lignes rouges” à ne pas franchir, “l’outil de recrutement avec son maillage régional”, jugé essentiel dans une armée qui embauche quelque 15.000 soldats par an et “l’outil de formation alors que les “interventions sont de plus en plus complexes”.
“Jusqu’à 10% des effectifs actuels (120.000 hommes), on saura faire, au-delà, ce sera plus difficile”, résume-t-il.
“Depuis plusieurs mois, j’indique que la réorganisation du ministère préservera les forces opérationnelles”, a toutefois réaffirmé M. Morin à l’AFP dans l’avion qui le menait jeudi en Slovénie.
“Les marges de manoeuvre dégagées par la réorganisation de l’administration générale et le soutien doivent nous permettre de financer l’équipement des forces et d’améliorer la condition militaire”, a-t-il souligné.
Le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Stéphane Abrial, a lui-même confirmé jeudi une réduction du nombre de bases (37 en métropole et 7 en outre-mer) et des effectifs de son armée.
Un officier ajoute: “c’est moins une question de bases aériennes fermées que de moyens”, rappelant que “l’on est passé de 600 avions il y a quinze ans à 234 Rafale prévus à l’horizon 2025″.
Certaines bases seraient en ligne de mire comme celle de Colmar dont la flotte vieillissante de Mirage F1 est appelée à disparaître dans les cinq ans.
Les moins menacés sont les marins dont le dispositif a déjà été recentré autour de deux ports principaux, Toulon et Brest.
“Difficile d’aller plus loin, sinon sur quelques bases secondaires de l’aéronavale”, analyse un officier qui rappelle cependant les “inquiétudes de l’état-major”
autour de la construction d’un second porte-avions toujours en suspens.
Source: afp (via altermedia)
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